26 juin 2009

Exposition “Jacques Tati : Deux temps, trois mouvements”

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J'ai été voir l’Exposition Jacques Tati : Deux temps, trois mouvements à la Cinémathèque Française qui se tient du 8 avril au 2 août 2009 avec mon fils de 14 ans. Mon père m’avait fait découvrir et aimer le cinéma de Jacques Tati et j’ai fait de même avec mes enfants.

La Cinémathèque Française est en elle-même un bâtiment original conçu par Frank Gehry

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Cette exposition est construite autour des six longs métrages de Jacques Tati, on y retrouve des éléments de chacun des films, décors, accessoires, messages…

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On débute la visite dans un couloir austère qui rappelle la modernité uniforme de Playtime, on découvrira une grande maquette de la villa Arpel dans Mon Oncle, on s’arrêtera à côté des cabines de bains des Vacances de Monsieur Hulot pour écouter la mer, on terminera par un manège avec cheval bleu et la bicyclette de François le facteur dans Jour de Fête.

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On découvre aussi les dessins de nombreux artistes qui ont travaillé avec Tati, notamment sur les affiches des films, que ce soit Pierre Etaix, Sempé ou Cabu par exemple.

Avec les travaux des dessinateurs, nous découvrons quelques pages du story-board de L’Illusionniste, le prochain film de Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville, c’est l’adaptation d’un scénario inédit de Jacques Tati.

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Tout au long de l’exposition on visionne également des courts extraits de films qui nous expliquent les thèmes chers à Jacques Tati et surtout nous font bien rire !

Exposition : “Jacques Tati : Deux temps, trois mouvements”

du 8 avril au 2 août 2009

à la Cinémathèque Française – 51 rue de Bercy Paris 12ème

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renseignements plus complets : ici

1er juillet 2009 : Les Vacances de Monsieur Hulot restauré sort au cinéma

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Le sumo qui ne pouvait pas grossir - Éric-Emmanuel Schmitt

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Albin Michel – avril 2009 - 101 pages

Quatrième de couverture :

Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d’une famille dont il refuse de parler.

Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un « gros » en lui malgré son physique efflanqué, l’entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre  le monde insoupçonné de l force, de l’intelligence et de l’acceptation de soi.

Mais comment atteindre le zen lorsque l’on est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?

Derrière les nuages, il y a toujours un ciel…

Après Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose, L’Enfant de Noé, Éric-Emmanuel Schmitt poursuit « Le Cycle de l’Invisible » avec ce nouveau récit qui mêle enfance et spiritualité, nous conduisant ici à la source du bouddhisme zen.

Auteur : Né en 1960, normalien, agrégé de philosophie, docteur, Éric-Emmanuel Schmitt s’est d’abord fait connaître au théâtre avec Le Visiteur, cette rencontre hypothétique entre Freud et peut-être Dieu, devenue un classique du répertoire international. Rapidement, d’autres succès ont suivi : Variations énigmatiques, Le Libertin, Hôtel des deux mondes, Petits crimes conjugaux, Mes Evangiles, La Tectonique des sentiments… Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du théâtre de l’Académie française. Son œuvre est désormais jouée dans plus de quarante pays.
Il écrit le Cycle de l’Invisible, quatre récits sur l’enfance et la spiritualité, qui rencontrent un immense succès aussi bien sur scène qu’en librairie : Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose et L’Enfant de Noé. Une carrière de romancier, initiée par La Secte des égoïstes, absorbe une grande partie de son énergie depuis L’Evangile selon Pilate, livre lumineux dont La Part de l’autre se veut le côté sombre. Depuis, on lui doit Lorsque j’étais une œuvre d’art, une variation fantaisiste et contemporaine sur le mythe de Faust et une autofiction, Ma Vie avec Mozart, une correspondance intime et originale avec le compositeur de Vienne. S'en suivent deux recueils de nouvelles : Odette Toulemonde et autres histoires, 8 destins de femmes à la recherche du bonheur,  inspiré par son premier film, et la rêveuse d'Ostende, un bel hommage au pouvoir de l'imagination. Dans Ulysse from Bagdad, son dernier roman, il livre une épopée picaresque de notre temps et interroge la condition humaine. Encouragé par le succès international remporté par son premier film Odette Toulemonde, il adapte et réalise Oscar et la dame rose. Sortie prévue fin 2009
.

Mon avis : (lu en juin 2009)

J’avais beaucoup aimé Oscar et la dame rose, L’Enfant de Noé et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran du « Cycle de l’Invisible » d’Éric-Emmanuel Schmitt. Cette fois-ci, j’ai été déçu par ce livre très court. Je n’ai pas été touchée par les personnages du livre. J’ai trouvé l’histoire un peu simpliste, manquant de profondeur et je m’attendais à en apprendre plus sur les sumos, la culture japonaise et sur le bouddhisme. Cependant on ne peut pas nier que ce livre est plein d’optimiste.

Extrait : (début du livre)

Alors que j'étais maigre, long, plat, Shomintsu s'exclamait en passant devant moi :

- Je vois un gros en toi.

Exaspérant ! De face, j'avais l'air d'une peau de hareng séchée sur du bois d'allumette ; de profil... on ne pouvait pas me voir de profil, je n'avais été conçu qu'en deux dimensions, pas en trois ; tel un dessin, je manquais de relief.

- Je vois un gros en toi.

Les premiers jours, je n'avais pas répliqué parce que je me méfie de moi : il m'arrive souvent de penser que les gens m'agressent en paroles, en grimaces, en gestes, puis de découvrir mon erreur , j'ai interprété, déformé, voire rêvé.

Paranoïa, je crois, on appelle ce genre d'illusion à répétition, oui, je fais de la paranoïa, en plus de l'allergie.

- Jun, calme-toi, tu te massacres, me sermonnai-je. Ce vieux bancal n'a pas pu dire ça.

La troisième fois, à l'approche de Shomintsu, inutile de préciser que j'avais les oreilles aussi écartées que les jambes d'un gardien avant un tir au but : pas question de manquer un mot, de rater une syllabe, j'intercepterais le moindre grognement que cet enfariné m'enverrait.      

- Je vois un gros en toi.

- Va te faire foutre !

Ce coup-là, j'étais certain d'avoir bien entendu.

Lui, en revanche, semblait ne pas avoir enregistré ma réponse : il sourit et reprit sa promenade comme si je n'avais pas réagi.

Le lendemain, en s'arrêtant, il s'écria, avec la mine inspiré de celui qui venait de l'inventer à l'instant :

- Je vois un gros en toi.

- Tu as le cerveau en potage ou quoi ?

Pas moyen de s'en désengluer ! Vlan, tous les jours, il remettait ça.

- Je vois un gros en toi.

- Soigne-toi !

Voilà désormais ce que je répondais, chaque matin, avec, selon mon degré d'exaspération, des variantes telles : « Mets des lunettes, grand-père, tu vas rentrer dans le mur », « On a enfermé des fous pour moins que ça ! », voire : « Me gonfle pas sinon je t'oblige à avaler les trois dents qui te restent. »

Imperturbable, Shomintsu remuait le museau et poursuivait son chemin, hilare, paisible, imperméable au fait que je lui avait gueulé dessus. Une tortue. J'avais l'impression de converser pendant trente secondes avec une tortue, tant son visage était ridé, kaki, dépourvu de poils, percé d'yeux minuscules que masquaient d'antiques paupières, oui, une tortue dont le cou desséché ployait sous le crâne lourd puis disparaissait dans les plis de son costume impeccable, amidonné, carapace rigide. J'en venais à me demander quelle maladie motivait son immuable comportement : était-il aveugle, sourd, crétin ou lâche ? Avec lui, question tares, on n'avait que l'embarras du choix.   

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