21 juin 2009

Kilomètre zéro - Vincent Cuvellier

kilom_tre_z_ro Edition du Rouergue – mars 2002 – 171 pages

Quatrième de couverture
Voilà des mois que son père ne lui parle plus que de ses mauvaises notes en maths, quand ils partent pour trois semaines de randonnée, sac à dos sur les épaules. Une idée super nulle, pense Benjamin. Traverser la moitié de la France à pied, pour quoi faire? Dormir dans la même tente que son père qui pue des pieds et ronfle? Mais les kilomètres passent, et Benjamin finit par ne plus s'ennuyer. Marcher au même pas que son père, discuter avec lui dans la nuit, manger des patates à la braise... Comme deux vieux loups solitaires qui auraient plein de choses à partager.

L'auteur vu par l'éditeur
Né en 1969 à Brest, Vincent Cuvelier vit à Rennes. Il a publié deux livres, La Troisième vie (Milan, Prix du jeune écrivain), et Marre des cauchemars (Éditions Batsberg).

Mon avis : (lu en juin 2009)

Voici une lecture amusante avec des personnages attachants qui se lit très facilement. C'est l'histoire de Benjamin 12 ans, ses parents sont divorcés. Il nous raconte kilomètre après kilomètre les vacances originales que lui a « imposé » son père : une randonnée à pied à travers la France pendant 1 mois. Au début, Benjamin est grognon, son sac est lourd, le silence est pesant entre le père et le fils. Peu à peu, ils avalent les kilomètres, Benjamin se met à apprécier cette belle randonnée : dormir sous les étoiles, manger des pommes de terre cuites dans la braise. Tout au long du chemin GR, le père et le fils vont faire de nombreuses rencontres. Grâce à ces vacances pas comme les autres, Benjamin va retrouver et partager une nouvelle complicité avec son père.

Extrait :

Kilomètre un

Il se retourne et me regarde pour la première fois depuis notre départ.

- Ça va ?

Il sourit. Pas moi, mais alors pas du tout.

- C'est joli, non ?

- Super, je réponds.

Je vais rien dire pendant un mois, ça lui apprendra.

Il a les chaussettes qui montent jusqu'aux genoux et il fait semblant d'être content.

Mes jambes sont lourdes, mes yeux sont lourds, mon sac est lourd.

Il est déjà dix mètres devant moi. Y a rien dans cette forêt, pas un bruit, pas un rayon de lumière.

C'est nul.

Kilomètre 2

C'est super nul.

Kilomètre 5

Allez, on s'arrête un peu, si tu veux.

Je jette mon sac par terre et je me jette dessus. Crevé.

On boit sans rien dire. Papa souffle. Il est déjà en sueur. Je crois qu'il pense comme moi. Qu'on ferait mieux de rentrer, d'enlever nos chaussures, nos shorts, nos chaussettes aux genoux, de monter dans la voiture et de rentrer chez nous.

- T'as compris pour les balises ?

Hein ? Quoi ?

- Les balises, t'as compris ? On va suivre tout le temps les rouges et les blanches. Ce sont les couleurs des GR, des chemins de grande randonnée.

- Ah ouais, et pourquoi on suit pas les chemins de petite randonnée ? Je demande.

- Parce que traverser la moitié de la France, c'est une grande randonnée.

Ça y est. Il l'a dit. Il avait pas encore osé, mais je savais que c'était ça, son idée de fou. Traverser la moitié de la France. Partir de chez nous pour arriver au pied des Pyrénées. Le voilà, son truc. Son truc de dingo taré.

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Que serais-je sans toi – Guillaume Musso

que_serais_je_sans_toi XO Editions – avril 2009 – 299 pages

Quatrième de couverture :

Gabrielle a deux hommes dans sa vie.

L’un est son père, l’autre est son premier amour.

L’un est un grand flic, l’autre est un célèbre voleur.

Ils ont disparu depuis longtemps, laissant un vide immense dans son cœur.

Le même jour, à la même heure, ils surgissent pour bouleverser sa vie.

Ils se connaissent, ils se détestent, ils se sont lancé un défi mortel.

Gabrielle refuse de choisir entre les deux,

elle voudrait les préserver, les rapprocher, les aimer ensemble.

Mais il y a des duels dont l’issue inéluctable est la mort.

Sauf si…

Des toits de Paris au soleil de San Francisco

Un premier amour qui éclaire toute une vie

Une histoire envoûtante, pleine de suspense et de féerie

Auteur : Né à Antibes en 1974, Guillaume Musso découvre la littérature à dix ans et il proclame qu'il écrira un jour des romans. Inspiré par un séjour à New York alors qu'il est encore étudiant, il commence à écrire et à rassembler ses idées. Après une licence de sciences économiques à Nice, Guillaume Musso débute une carrière d'enseignant. Mais il ne perd pas son but de tête et publie son premier roman en 2001 'Skidamarink', où il aborde des interrogations économiques et sociales. Encouragé par la critique, il publie 'Et après ...' en 2004. Sa diffusion dans sept pays étrangers confirme son talent. Oscillant entre roman sentimental et intrigue psychologique à suspense, il publie encore 'Seras-tu là ?' et 'Sauve-moi' en 2006.

Mon avis : (lu en juin 2009)

Ce livre de Guillaume Musso se lit facilement, et j'ai passé un bon moment mais pas plus. Ce roman démarre par une belle histoire d'amour entre Martin et Gabrielle qui dure quelques mois. Près de treize ans après, nous retrouvons Martin devenu policier et qui traque un mystérieux voleur d'art Archibald.

L'histoire est simple, un peu naïve puis surréaliste et pendant longtemps je me suis demandé où l'auteur voulais nous mener... J'ai été prise par l'histoire et le rebondissement final m'a surprise.

Extrait : (début du livre)

San Francisco, Californie - Été 1995

Gabrielle a 20 ans

Elle est américaine, étudiante en troisième année à l’université de Berkeley.
Cet été-là, elle porte souvent un jean clair, un chemisier blanc et un blouson de cuir cintré. Ses longs cheveux lisses et ses yeux verts pailletés d’or la font ressembler aux photos de Françoise Hardy prises par Jean-Marie Périer dans les années 1960.
Cet été-là, elle partage ses journées entre la bibliothèque du campus et son activité de pompier volontaire à la caserne de California Street.
Cet été-là, elle va vivre son premier grand amour.

Martin a 21 ans

Il est français, vient de réussir sa licence de droit à la Sorbonne.
Cet été-là, il est parti aux États-Unis en solitaire pour perfectionner son anglais et découvrir le pays de l’intérieur. Comme il n’a pas un sou en poche, il enchaîne les petits boulots, travaillant plus de soixante-dix heures par semaine: serveur, vendeur de crèmes glacées, jardinier…
Cet été-là, ses cheveux noirs mi-longs lui donnent des airs d’Al Pacino à ses débuts.
Cet été-là, il va vivre son dernier grand amour.

Cafétéria de l’université de Berkley

- Hé, Gabrielle, une lettre pour toi!
Assise à une table, la jeune femme lève les yeux de son livre.
- Comment?
- Une lettre pour toi, ma belle! répète Carlito, le gérant de l’établissement, en posant une enveloppe couleur crème à côté de sa tasse de thé.
Gabrielle fronce les sourcils.
- Une lettre de qui?
- De Martin, le petit Français. Son travail est terminé, mais il est passé déposer ça ce matin.
Gabrielle regarde l’enveloppe avec perplexité et la glisse dans sa poche avant de sortir du café.
Dominé par son campanile, l’immense campus verdoyant baigne dans une atmosphère estivale. Gabrielle longe les allées et les contre-allées du parc jusqu’à trouver un banc libre, à l’ombre des arbres centenaires.
Là, toute à sa solitude, elle décachette la lettre avec un mélange d’appréhension et de curiosité.

Le 26 août 1995

Chère Gabrielle,
Je voulais simplement te dire que je repars demain en France.
Simplement te dire que rien n’aura plus compté pour moi pendant mon séjour californien que les quelques moments passés ensemble à la cafétéria du campus, à parler de livres, de cinéma, de musique, et à refaire le monde.
Simplement te dire que, plusieurs fois, j’aurais aimé être un personnage de fiction. Parce que dans un roman ou dans un film, le héros aurait été moins maladroit pour faire comprendre à l’héroïne qu’elle lui plaisait vraiment, qu’il aimait parler avec elle et qu’il éprouvait quelque chose de spécial lorsqu’il la regardait. Un mélange de douceur, de douleur et d’intensité.
Une complicité troublante, une intimité bouleversante. Quelque chose de rare, qu’il n’avait jamais ressenti avant. Quelque chose dont il ne soupçonnait même pas l’existence.
Simplement te dire qu’un après-midi, alors que la pluie nous avait surpris dans le parc et que nous avions trouvé refuge sous le porche de la bibliothèque, j’ai senti, comme toi je crois, ce moment de trouble et d’attraction qui, un instant, nous a déstabilisés. Ce jour-là, je sais que nous avons failli nous embrasser. Je n’ai pas franchi le pas parce que tu m’avais parlé de ce petit ami, en vacances en Europe, à qui tu ne pouvais pas être infidèle, et parce que je ne voulais pas être à tes yeux un type «comme les autres», qui te draguent sans vergogne et souvent sans respect.
Je sais pourtant que si on s’était embrassés, je serais reparti le coeur content, me foutant de la pluie ou du beau temps, puisque je comptais un peu pour toi. Je sais que ce baiser m’aurait accompagné partout et pendant longtemps, comme un souvenir radieux auquel me raccrocher dans les moments de solitude. Mais après tout, certains disent que les plus belles histoires d’amour sont celles qu’on n’a pas eu le temps de vivre. Peut-être alors que les baisers qu’on ne reçoit pas sont aussi les plus intenses...
Simplement te dire que lorsque je te regarde, je pense aux 24 images seconde d’un film. Chez toi, les 23 premières images sont lumineuses et radieuses, mais de la 24e émane une vraie tristesse qui contraste avec la lumière que tu portes en toi. Comme une image subliminale, une fêlure sous l’éclat: une faille qui te définit avec plus de vérité que l’étalage de tes qualités ou de tes succès. Plusieurs fois, je me suis demandé ce qui te rendait si triste, plusieurs fois, j’ai espéré que tu m’en parles, mais tu ne l’as jamais fait.
Simplement te dire de prendre bien soin de toi, de ne pas être contaminée par la mélancolie. Simplement te dire de ne pas laisser triompher la 24e image. De ne pas laisser trop souvent le démon prendre le pas sur l’ange.
Simplement te dire que, moi aussi, je t’ai trouvée magnifique et solaire. Mais, ça, on te le répète cinquante fois par jour, ce qui fait finalement de moi un type comme les autres…
Simplement te dire, enfin, que je ne t’oublierai jamais.
Martin

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