un_homme_meilleur traduit de l'anglais (Inde) par Marielle Morin

Picquier – août 2006 – 474 poches

Présentation de l'éditeur
Premier roman d’Anita Nair, l’auteur de Compartiment pour dames. C’est vers la maison familiale, dans un village endormi du Kerala que revient naturellement Mukundan au moment de la retraite, là où personne ne l’attend plus, pas même son père le tyrannique Achutan Nair. C’est là qu’il croise la route de Bhasi « le timbré », ancien professeur qui, après une déception amoureuse, a renoncé à ses ambitions pour devenir peintre en bâtiment, herboriste, et qui pratique la psychothérapie de manière toute personnelle. Bhasi parvient peu à peu à gagner la confiance de Mukundan et à le faire renaître à lui-même en l’entraînant dans une découverte de soi qui va ouvrir à ce dernier de nouvelles perspectives. C’est ainsi qu’il rencontre Anjana, belle institutrice prisonnière d’un mariage désastreux et tombe, enfin, amoureux. Lorsque Achutan meurt, Mukundan se retrouve une nouvelle fois face à lui-même, réalisant qu’il n’a en rien dépassé son père et que c’est lui qui a trahi ce en quoi il croyait et ceux qui lui faisaient confiance. Pourra-t-il se racheter et devenir ainsi un homme meilleur que son père ? Une rédemption est-elle possible ? Pourra-t-il trouver en lui-même la force de défendre ses convictions profondes, fut-ce au mépris des conventions villageoises ? Au-delà du portrait de cet homme faible et tellement humain, Anita Nair nous peint des personnages tragiques ou touchants, ridicules ou magnifiques : de Krishnan Nair, le fidèle domestique, à Valsala, la femme frustrée d’un époux vieillissant, en passant par Kamban le postier intouchable dont l’abondante chevelure fait des jaloux.Avec une sensibilité, une tendresse et une attention aux détails qui font de ce texte une délicieuse et captivante promenade dans une Inde du Sud rarement évoquée de manière aussi vivante.

Auteur : Originaire du Kerala, c'est à Madras qu'Anita Nair passe son enfance, avant de voyager à travers l'Angleterre et les États-Unis pour finalement s'installer au Bangalore. Elle signe son premier roman en 1997, puis entame une carrière internationale, notamment marqué par la publication de 'Compartiment pour dames' et 'Un homme meilleur' (2003), 'Le Chat karmique' (2005), ou encore 'Les Neuf Visages du cœur' (2006).

Mon avis : (lu en juin 2009)

A l'heure de la retraite, Mukundan retourne dans le village où il est né. Il y retrouve l'ennui, les problèmes administratifs et l'étroitesse d'esprit d'un petit village... Les douleurs de son enfance resurgissent sous forme de fantômes qui le hantent chaque nuit : son père le terrorisait, il se sent coupable d'avoir abandonné sa mère. Il va faire la connaissance de Bhasi "le timbré", ancien professeur qui est devenu peintre en bâtiment et herboriste, ce dernier va l'aider à prendre confiance en lui en se débarrassant l'esprit des résidus du passé. Il va faire la rencontre d'Anjana une belle institutrice. Mais son voyage intérieur sera difficile. Il voudrait être reconnu à sa juste valeur par les membres du village. Arrivera-t-il à devenir un homme meilleur que son père ?

Au début de ma lecture, j'ai eu un peu de mal car l'auteur nous raconte la vie de Mukundan à travers la vie du village et de nombreux personnages haut en couleur, puis peu à peu j'ai été prise dans l'ambiance de ce village ordinaire avec ses habitudes, ses conflits. J'ai beaucoup appris sur les mœurs et les coutumes de l'Inde du sud. L'écriture est subtile, pleine de poésie.

Extrait :

« Si la fluidité est l'essence de la peinture, alors la peur est celle de ta vie. Une peur qui semble ne connaître aucune limite, n'avoir ni début, ni fin. Une peur qui te traverse comme la route traverse ce village. Qui marque la frontière entre ce que tu pourrais être et ce que tu n'es pas. Quand j'ai attaché les murs de ta maison avec des poignées de fibres rêches de coco pour ôter à la fois la couche de saleté et les marques incrustées par le temps, j'ai essayé de comprendre comment je pourrais arriver au même résultat avec toi. Pour débarasser ton âme des scories qui l'encombrent et laisser s'évacuer la peur, j'ai besoin de savoir ce qui te retient ainsi prisonnier d'une telle terreur.

Dis-moi, Mukundan, dis-moi ce qui te hante à ce point. Parle-moi des ténèbres qui obscurcissent ta vie. Explique-moi pourquoi tu plies si méticuleusement ton mouchoir en huit. Pourquoi tu insistes pour que chaque filament de fibre de noix de coco aille rejoindre un tas bien précis quand il est usé. Pourquoi tu t'es ainsi rendu esclave de la pendule. Dis-moi ce qui donne tant de prix à la perfection. Dis-moi pourquoi tu portes sur toi l'odeur de l'animal traqué.

Dis-le-moi. C'est ta seule issue. Ton seul espoir et peut-être, un jour, la clé de ton bonheur. »