16 mai 2009

Millénium, Tome 1 - Stieg Larsson

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Millenium_1 Actes Sud – juin 2006 – 574 pages

Traduit du suédois par Lena Grumbach et marc de Gouvenain

Présentation de l'éditeur
Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire. A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans -Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 -La Reine dans le palais des courants d'air.

Biographie de l'auteur
Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l'économie et des reportages de guerre en Afrique, était le rédacteur en chef d'Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d'une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.

Mon avis : (lu en mai 2009)

J'ai enfin lu Millénium 1 et je n'ai qu'une envie c'est lire Millénium 2 et 3 !

J'ai entendu parler de ce livre pour la première fois il y a 1 an et jusqu'à il y a deux jours je n'avais pas eu l'occasion de le lire... Ces derniers jours, avec la médiatisation de la sortie du film, j'ai tenté de me procurer le tome 1 à la bibliothèque et j'ai eu la chance de l'obtenir...

Je n'ai eu aucun mal à rentrer dans le livre malgré une mise en place de l'intrigue assez lente. En effet, l'auteur prend le temps de nous présenter minutieusement chacun des deux personnages principaux : Mikael Bloomkvist et Lisbeth Salander. Mikael est journaliste d'investigations économiques et sociales au Millénium, il vient d'être condamné pour diffamation à 3 mois de prison. Il est embauché par Henrik Vanger un magnat de l'industrie officiellement pour rédiger l'histoire de la famille Vanger et officieusement pour enquêter sur l'étrange disparition de sa nièce Harriet 36 ans plus tôt en 1966. Lisbeth Salander, une jeune femme rebelle et perturbée, un génie de l'informatique qui est très douée pour mener des enquêtes.

L'intrigue est très intéressante, pleines de rebondissements, ses personnages sont atypiques et néanmoins très attachants. Le style est simple, et j'ai été surprise par le tutoiement qui est semble-t-il courament pratiqué en Suède. L'auteur nous livre également des explications économiques et politiques de la Suède ainsi qu'une description de la société suédoise. Attention, certains passages sont violents : il est question de séquestrations, tortures et viols... 

J'ai été prise par l'histoire comme jamais et j'avais du mal à lâcher mon livre : j'y ai même consacré mon samedi matin pour terminer les 300 pages qu'ils me restaient à lire... Il faudra pourtant que j' attende lundi pour me procurer la suite...

mill_nium_le_film

Le 13 mai 2009, est sortie en France le film danois et suédois « Millénium, le film » (Män som hatar kvinnor) réalisé par Niels Arden Oplev avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre

Extrait : (page 15)

VENDREDI 20 DÉCEMBRE

LE PROCÈS 
ÉTAIT
IRREVOCABLEMENT terminé et tout ce qui pouvait être dit avait été dit. Il n'avait pas douté une seconde qu'on allait le déclarer coupable. Le jugement avait été rendu dès 10 heures du matin ce vendredi, et il ne restait maintenant plus qu'à écouter l'analyse des journalistes qui attendaient dans le couloir du tribunal.
Mikael Blomkvist les vit par l'entrebâillement de la porte et il se retint quelques secondes. Il n'avait pas envie de discuter le verdict dont il venait d'obtenir la copie, mais les questions étaient inévitables et il savait - mieux que quiconque - qu'elles devaient être posées et qu'il fallait y répondre. C'est comme ça que ça fait d'être un criminel, pensa-t-il. Du mauvais côté du micro. Il s'étira, mal à l'aise, et essaya d'arborer un sourire. Les reporters le lui rendirent et hochèrent gentiment la tête, presque gênés.
- Voyons voir... Aftonbladet, Expressen, TT, TV4 et... tu es d'où, toi... ah oui, Dagens Industri. On dirait que je suis devenu une vedette, constata Mikael Blomkvist.
- Une déclaration, s'il te plaît, Super Blomkvist ! lança l'envoyé d'un des journaux du soir.
Mikael Blomkvist, dont le nom complet était Cari Mikael Blomkvist, se força à ne pas lever les yeux au ciel comme chaque fois qu'il entendait son surnom. Un jour, vingt ans plus tôt, alors qu'il était âgé de vingt-trois ans et qu'il venait de commencer son travail de journaliste comme remplaçant pour les vacances d'été, Mikael Blomkvist avait par hasard démasqué une bande de braqueurs de banques auteurs de cinq casses très remarqués étalés sur deux années. De toute évidence, il s'agissait de la même bande ; leur spécialité était d'arriver en voiture dans des petites villes et de braquer une ou deux banques, avec une précision toute militaire. Ils portaient des masques en latex des personnages de Walt Disney et avaient été baptisés - selon une logique policière pas totalement absurde - la Bande à Donald. Les journaux choisirent cependant de les appeler les Frères Rapetout, surnom un peu plus sérieux vu qu'à deux reprises, ils avaient sans scrupules tiré des coups de feu d'avertissement au mépris de la sécurité des gens et qu'ils avaient menacé les passants et les badauds.

Extrait : (page 105)
- L'île restait coupée mais les choses ont commencé à se calmer. Nous ne nous sommes rendu compte de l'absence d'Harriet qu'au moment où nous passions à table pour un dîner tardif vers 20 heures. J'ai envoyé l'une de mes cousines la chercher dans sa chambre, mais elle est revenue en disant qu'elle ne la trouvait pas. Cela ne m'a pas inquiété outre mesure ;j'ai dû croire qu'elle était allée faire un tour ou qu'elle n'avait pas été informée que le dîner était servi. Et au cours de la soirée j'ai été occupé par diverses querelles familiales. Ce n'est que le lendemain matin, parce qu'Isabella me cherchait, que nous avons réalisé que personne ne savait où elle était et que personne ne l'avait vue depuis la veille.
Il écarta grand les bras.

Extrait : (page 248)
Une seule condition devait être remplie. Maître Bjurman devait mourir de manière qu'elle-même ne puisse jamais être associée au crime. Elle se doutait bien que tôt ou tard son nom apparaîtrait dans une enquête policière à venir quand les flics examineraient les activités de Bjurman. Mais elle n'était qu'un grain de poussière dans toute une galaxie de clients actuels ou anciens, elle ne l'avait rencontré que quelques rares fois et, à moins que Bjurman n'ait noté dans son agenda qu'il l'avait forcée à lui faire une pipe - ce qu'elle jugeait invraisemblable -, elle n'avait aucune raison de l'assassiner. Il n'y aurait pas la moindre preuve que sa mort avait un rapport quelconque avec ses clients ; on pourrait penser à des ex-petites amies, des parents, des connaissances, des collègues et un tas d'autres gens. On pourrait même cataloguer cela de random violence, scénario dans lequel le meurtrier et victime ne se connaissaient pas.

Posté par aproposdelivres à 15:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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