06 mai 2009

Le pendule de Foucault - Umberto Eco

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Grasset – février 1990 – 657 pages

LGF - avril 1992 – 656 pages

Résumé :
Après l'immense succès du Nom de la rose, voici le second grand roman d'un géant incontesté de la littérature mondiale. A Paris, au Conservatoire des Arts et Métiers où oscille le pendule de Foucault, Casaubon, le narrateur, attend le rendez-vous qui lui révélera pourquoi son ami Belbo se croit en danger de mort. A Milan, trois amis passionnés d'ésotérisme et d'occultisme ont imaginé par jeu un gigantesque complot ourdi au cours des siècles pour la domination mondiale. Et voici qu'apparaissent en chair et en os les chevaliers de la vengeance... Telles sont les données initiales de ce fabuleux thriller planétaire, incroyablement érudit et follement romanesque, regorgeant de passions et d'énigmes, qui est aussi une fascinante traversée de l'Histoire et de la culture occidentales, des parchemins aux computers, de Descartes aux nazis, de la kabbale à la science. Un de ces romans que l'on n'oublie plus jamais. Et assurément un classique.

Auteur : Umberto Eco, né le 5 janvier 1932 à Alexandrie (Alessandria), Piémont (Italie), est l'auteur mondialement connu de nombreux essais universitaires sur la sémiotique, l'esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie. Il est surtout connu du grand public pour ses œuvres romanesques. Titulaire de la chaire de sémiotique et directeur de l'École supérieure des sciences humaines à l'Université de Bologne, il en est professeur émérite depuis 2008. Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec 16 millions d'exemplaires vendus à ce jour et des traductions en vingt-six langues, son deuxième roman, Le Pendule de Foucault (1988) connaît également un énorme succès.

Mon avis : (lu en 1993)

Ce livre m'a autant passionné que le Nom de la Rose.

Avec près de vingt ans d’avance, Umberto Eco applique les recettes qu’utilisera plus tard Dan Brown dans le Da Vinci Code en imaginant un fil rouge à toutes les traditions ésotériques existantes. Par ce livre l'auteur cherche à dénoncer l'ésotérisme. C'est donc un livre anti-initiatique et anti-ésotérique.

Le Pendule de Foucault fait appel à beaucoup de références et de thèmes historiques, ésotériques, mythologiques, religieux, scientifiques, philosophiques, artistiques, politiques... On retrouve certaines dans des ouvrages ou des mythes mais d'autres viennent de l'imagination créative de l'auteur. Le livre peut alors sembler difficile d'accès mais il est possible de suivre l'histoire proposée sans avoir pour autant la vaste culture qu'Umberto Eco.

Un pendule de Foucault, du nom du physicien français Jean Bernard Léon Foucault, est une expérience conçue pour mettre en évidence la rotation de la Terre par rapport à un référentiel galiléen. Elle s'explique par l'existence de la force de Coriolis dans le référentiel non galiléen lié à un observateur terrestre.

Vidéo du pendule de Foucault au Musée des Arts et Métiers :

Une caméra est installée en haut du pendule de Foucault de l'Institut de géophysique de Munich. On peut ainsi le voir évoluer en direct.

 

Extrait : « - Mais en somme, et je m'excuse si je suis banal, les Rose-Croix existent ou pas ?
- Que signifie exister ?
- A vous l'honneur.
-La Grande Fraternité Blanche, que vous les appeliez Rose-Croix, que vous les appeliez chevalerie spirituelle dont les Templiers sont une incarnation occasionnelle, est une cohorte de sages, peu, très peu d'élus, qui voyage à travers l'histoire de l'humanité pour préserver un noyau de sapience éternelle. L'histoire ne se développe pas au hasard. Elle est l'aeuvre des Seigneurs du Monde, auxquels rien n'échappe. Naturellement, les Seigneurs du Monde se défendent par le secret. Et donc, chaque fois que vous rencontrerez quelqu'un qui se dit Seigneur, ou Rose-Croix, ou Templier, celui-là mentira. Il faut les chercher ailleurs.
-Mais alors cette histoire continue à l'infini ?
-C'est ainsi. Et c'est l'astuce des Seigneurs.
-Mais qu'est-ce qu'ils veulent que les gens sachent ?
-Qu'il y a un secret. Autrement pourquoi vivre, si tout était ainsi qu'il apparaît ?
-Et quel est le secret ?
-Ce que les religions révélées n'ont pas su dire. Le secret se trouve au-delà ».

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Le nom de la rose – Umberto Eco

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Grasset – 1982 - 549 pages

LGF – mai 2002 – 640 pages

Traduit par Jean-Noël Schifano

Prix Médicis étranger en 1982.

Présentation de l'éditeur
1327, Guillaume de Baskerville, moine franciscain, ex-inquisiteur et représentant du Saint-Empire, se rend dans une abbaye située aux confins de la Provence et de la Ligurie, afin de découvrir comment est mort l’un des moines, retrouvé défenestré.
Commence alors une incroyable enquête, où l’on va de découvertes en découvertes, dans le monde médiéval et monacal où les superstitions, les croyances et l’ignorance ne rendent pas facile la tâche de l’enquêteur.
Un roman admirable, mythique, où se côtoient une trame policière très bien montée et des enseignements précieux sur le monde médiéval.

Auteur : Umberto Eco, né le 5 janvier 1932 à Alexandrie (Alessandria), Piémont (Italie), est l'auteur mondialement connu de nombreux essais universitaires sur la sémiotique, l'esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie. Il est surtout connu du grand public pour ses œuvres romanesques. Titulaire de la chaire de sémiotique et directeur de l'École supérieure des sciences humaines à l'Université de Bologne, il en est professeur émérite depuis 2008. Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec 16 millions d'exemplaires vendus à ce jour et des traductions en vingt-six langues, son deuxième roman, Le Pendule de Foucault (1988) connaît également un énorme succès.

Mon avis : (lu en 1992)

Ce livre est un roman policier médiéval. Le Nom de la rose est une histoire en sept chapitres, chiffre symbolique qui représente le nombre de jours, de morts et d'étapes de l'enquête.

Nous sommes en 1327, dans une abbaye d'Italie du Nord. Un moine franciscain Guillaume de Baskerville et son jeune second Adso de Melk enquêtent sur une série de meurtres mystérieux qui impliquent l'Église. Les bénédictins y vivant sont mystérieux, l'ambiance du monastère est inquiétante. Umberto Eco n'est pas seulement un romancier, c'est surtout un érudit. Il entraîne le lecteur dans une histoire originale en huit-clos dans un monastère qui nous entraîne dans un aventure à la fois philosophique et policière avec un rythme effréné, le tout enveloppé de mystères. Certains passages sont en latin (non traduits !), cela semble surprenant, mais on comprendra mieux l'utilité au moment du dénouement. Le livre est très richement documenté. Et cela m'a passionnée.

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Une adaptation de ce livre a été réalisé en 1986 par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery, Michael Lonsdale, Christian Slater, Valentina Vargas. Le réalisateur n'a retenu que l'ambiance, les personnages et le fil conducteur du roman, et malgré cela le film est très bon.

Si vous avez aimé le film, je vous invite vraiment à lire le livre.

Extrait : "Telle était la situation quand – déjà novice bénédictin au monastère de Melk -je fus arraché à la tranquillité du cloître par mon père, qui se battait dans la suite de Louis, non le moindre d'entre ses barons, et qui trouva sage de m'emmener avec lui pour que je connusse les merveilles d'Italie et fusse présent quand l'empereur serait couronné à Rome. Mais le siège de Pise l'absorba tout entier dans des préoccupations militaires. J'en tirai avantage en circulant, mi par oisiveté, mi par désir d'apprendre, dans les villes de la Toscane, mais cette vie libre et sans règle ne seyait point, pensèrent mes parents, à un adolescent voué à la vie contemplative. Et suivant le conseil de Marsile, qui s'était pris d'affection pour moi, ils décidèrent de me placer auprès d'un docte franciscain, frère Guillaume de Baskerville ; ce dernier allait entreprendre une mission qui devait le conduire jusqu'à des villes célèbres et des abbayes très anciennes. C'est ainsi que je devins son secrétaire en même temps que son disciple ; je n'eus pas à m'en repentir car je fus avec lui le témoin d'événements dignes d'être consignés, tel qu'à présent je le fais, et confiés à la mémoire de ceux qui viendront après moi.

Alors je ne savais pas ce que frère Guillaume cherchait, et à vrai dire je ne le sais toujours pas aujourd'hui, et je présume que lui-même ne le savait pas, mû qu'il était par l'unique désir de la vérité, et par le soupçon – que je lui vis toujours nourrir- que la vérité n'était pas ce qu'elle lui paraissait dans le moment présent. Et, en ces années-là, il était sans doute distrait de ses chères études par les devoirs impérieux du siècle. La mission dont Guillaume était chargé me restera inconnue tout au long du voyage, autrement dit il ne m'en parla pas. Ce fut plutôt en écoutant des bribes de conversations, qu'il eut avec les abbés des monastères où au fur et à mesure nous nous arrêtâmes, que je me fis quelque idée sur la nature de sa tâche. Cependant je ne la compris pas pleinement tant que nous ne parvînmes pas à notre but, comme je le dirai ensuite. Nous avions pris la direction du septentrion, mais notre voyage ne suivit pas une ligne droite et nous nous arrêtâmes dans plusieurs abbayes. Il arriva ainsi que nous virâmes vers l'occident tandis que notre destination dernière se trouvait à l'orient, comme pour longer la ligne montueuse qui depuis Pise mène dans la direction des chemins de saint Jacques, en faisant halte sur une terre que les terribles événements qui s'y passèrent me dissuadent de mieux identifier, mais dont les seigneurs étaient fidèles à l'empire et où les abbés de notre ordre d'un commun accord s'opposaient au pape hérétique et corrompu. Notre voyage dura deux semaines entrecoupées de moult vicissitudes, et dans ce laps de temps j'eus la possibilité de connaître (pas suffisamment, loin de là, comme j'en suis toujours convaincu) mon nouveau maître."

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Nous étions les Mulvaney - Joyce Carol Oates

nous__tions_les_Mulvaney traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claude Seban

Stock – janvier 2009 - 595 pages

Présentation de l'éditeur
A Mont-Ephraim, petite ville des Etats-Unis située dans l'Etat de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney. Au milieu des animaux, ils cohabitent dans une ferme respirant le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l'image d'une famille parfaite, comme chacun rêverait d'en avoir. Jusqu'à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar... Une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial. En dressant le portrait de la dissolution d'une famille idéale, Joyce Carol Oates épingle l'hypocrisie d'une société où le paraître règne en maître et érige en roi les princes bien pensants ; où un sourire chaleureux cache souvent un secret malheureux ; où il faut se taire, au risque de briser l'éclat du rêve américain.

Auteur :

Née en 1938, Joyce Carol Oates a publié son premier roman en 1963. Devenue professeur de littérature à l’université de Princeton, elle poursuit la plus prolifique des carrières littéraires avec Blonde, Eux, Bellefleurs, Confessions d’un gang de filles.

Mon avis : (lu en mai 2009)

J’ai pris ce livre un peu par hasard à la bibliothèque, je ne connaissais pas l’auteur et j’ai longtemps laissé ce roman sous ma PAL avant que Florinette m’incite à le lire il y a quelques temps…

L’écriture de ce livre est vraiment belle : l’auteur nous décrit avec beaucoup de précision les paysages, les personnages et les évènements des plus banals au plus importants. Les animaux du livre sont tout également des personnages à part entière. Les Mulvaney sont une famille unie malgré les caractères si différents de ces membres : Judd, Marianne, Patrick, Mike les enfants, Michael et Corinne les parents. Un évènement tragique va bousculer l’harmonie de cette famille idéale. Chacun va réagir à sa façon et leurs vies et leurs relations vont être totalement bouleversées. Ce livre est plein d’humanité. J'ai beaucoup aimé. A découvrir !

Extrait : (début du livre)

Une maison de conte de fées.

Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez ? Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse ; j'ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n'étions que six : mon père Michael John Mulvaney ; ma mère Corinne ; mes frères Mike et Patrick ; ma soeur Marianne et moi... Judd.

De l'été 1955 au printemps 1980, date à laquelle mes parents durent vendre la propriété, il y eut des Mulvaney à High Point Farm, sur la route de High Point, onze kilomètres au nord-est de la petite ville de Mont-Ephraim, Etat de New York, dans la vallée de Chautauqua, cent dix kilomètres au sud du lac Ontario.

High Point Farm était une propriété bien connue dans la vallée -inscrite plus tard aux Monuments Historiques - et "Mulvaney" était un nom bien connu.

Longtemps vous nous avez envié, puis vous nous avez plaints.

Longtemps vous nous avez admirés, puis vous avez pensez Tant mieux !...  ils n'ont que ce qu'ils méritent.

"Trop brutal, Judd !" dirait ma mère, gênée, en se tordant les mains. Mais j'estime qu'il faut dire la vérité, même si elle fait mal. Surtout si elle fait mal.

Posté par aproposdelivres à 10:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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