01 mai 2009

Anges et démons – Dan Brown

Anges_et_d_mons Jean-Claude Lattès - mars 2005 – 600 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Daniel Roche

Présentation de l'éditeur
Une antique confrérie secrète : les Illuminati. Une nouvelle arme dévastatrice : l'antimatière. Une cible invraisemblable : le Vatican. Robert Langdon, le célèbre spécialiste de symbologie religieuse, est convoqué au CERN, en Suisse, pour déchiffrer un symbole gravé au fer rouge retrouvé sur le corps d'un éminent homme de science. Il s'agirait d'un crime commis par les Illuminati, une société secrète qui vient de resurgir après une éclipse de quatre siècles et a juré d'anéantir l'Eglise catholique. Langdon ne dispose que de quelques heures pour sauver le Vatican qu'une terrifiante bombe à retardement menace ! Après le succès international du Da Vinci code, cette nouvelle enquête de Robert Langdon nous entraîne à Rome, dans ses églises et ses catacombes, au cœur même du Vatican où les cardinaux sont réunis en conclave.

Auteur : Né en 1964 aux États-Unis, après des études de lettres et d'art à l’Amherst College et à la Phillips Exeter Academy, Dan Brown s'installe à Hollywood en Californie pour écrire des chansons. Professeur à l'université Philips Exeter, il est le témoin, sur le campus, de l'arrestation par les services secrets américains d'un étudiant qui, pour s'amuser, évoque dans un mail l'assassinat du président Bill Clinton. Dan Brown est impressionné par l'extraordinaire capacité des agences de renseignements à surveiller et observer les individus. Il écrit alors son premier roman, paru sous le titre de 'Digital Fortress', une histoire au cœur de la National Security Agency. L'étude des codes secrets l'a toujours passionné. Pour preuve, le célèbre 'Da Vinci code', son quatrième roman, est un best-seller mondial. Il sort en 2005 'Anges et démons', une enquête également menée par le fameux professeur Robert Langdon, personnage désormais célèbre et récurrent. Dan Brown écrit également pour plusieurs revues dont Newsweek et The New Yorker. En 2006 sort en France 'Deception Point', un nouveau thriller haletant sur fond de technologie spatiale, avant que ne suive 'Forteresse Digitale' l'année suivante.

Mon avis : (lu en avril 2005)

Ce livre a été écrit par Dan Brown et est paru aux États-Unis avant le Da Vinci Code... La construction du livre est très proche celle du Da Vinci code : nous retrouvons Robert Langdon, le célèbre professeur d'histoire de l'art et spécialiste de symbologie religieuse, c’est Vittoria une jolie jeune scientifique qui le secondera, des faits historiques, légendaires, politiques, religieux et une course contre la montre dans Rome. L’enquête est toujours très bien rythmée, on apprend beaucoup sur Rome et sur le Vatican.

Les lieux où se déroule cette histoire sont les suivants :

Suisse : Siège du CERN - Accélérateur de particules LHC (Genève)

CERN_aerial CERN_LHC_Tunnel1

Vatican : Place Saint-Pierre et Basilique Saint-Pierre

Place_St_Pierre_Vatican Basilique_St_Pierre_Vatican

Rome : Château Saint-Ange, Fontaine des Quatre Fleuves,

Chateau_St_Ange Rome_Fontaine_des_Quatre_fleuves

Panthéon de Rome,

Rome_Pantheon_rome

Église Santa Maria Della Vittoria,

Rome___Santa_Maria_della_Vittoria

Église Santa Maria Del Popolo

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Anges_et_demons_film Anges_et_demons_film1

Un film réalisé par Ron Howard avec doit sortir en France le 13 mai prochain Tom Hanks,Ewan McGregor, Stellan Skarsgard. Mais j’attendrai son passage à la télévision pour le voir car un film est rarement à la hauteur d’un livre si dense.

Extrait : (Début du livre)
Les faits
Le plus grand pôle de recherche scientifique au monde, le CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire), a récemment réussi à produire les premiers atomes d’antimatière.
L’antimatière est identique à la matière, si ce n’est qu’elle se compose de particules aux charges électriques inversées. L’antimatière est la plus puissante source énergétique connue. Contrairement à la production d’énergie nucléaire par fission, dont l’efficience se borne à 1,5 %, elle transforme intégralement sa masse en énergie. En outre, elle ne dégage ni pollution ni radiations. Il y a cependant un problème :
L’antimatière est extrêmement instable. Elle s’annihile en énergie pure au contact de tout ce qui est... même l’air. Un seul gramme d’antimatière recèle autant d’énergie qu’une bombe nucléaire de 20 kilotonnes, la puissance de celle qui frappa Hiroshima.
Jusqu’à ces dernières années, on n’avait réussi à produire que quelques infimes quantités d’antimatière (quelques atomes à la fois). Mais le « décélérateur d’antiprotons » récemment mis au point par le CERN ouvre de formidables perspectives : sa capacité de production d’antimatière est considérablement renforcée.
Se pose désormais une angoissante question : cette substance hautement volatile sauvera-t-elle le monde, ou sera-t-elle utilisée pour créer l’arme la plus destructrice de l’histoire ?

Note de l’auteur
Tous les tombeaux, sites souterrains, édifices architecturaux et œuvres d’art romains auxquels se réfère cet ouvrage existent bel et bien. On peut encore les admirer aujourd’hui. Quant à la Confrérie des Illuminati, elle a aussi existé.

Prologue
En reniflant une odeur de chair brûlée, le physicien Leonardo Vetra comprit que c’était la sienne. Il leva des yeux terrorisés vers la silhouette penchée sur lui.
- Que voulez-vous ?
- La chiave, répondit la voix rauque, le mot de passe.
- Mais... je n’ai pas...
L’intrus appuya de nouveau, enfonçant plus profondément l’objet blanc et brûlant dans la poitrine de Vetra. On entendit un grésillement de viande sur le gril. Vetra poussa un hurlement de douleur.
- Il n’y a pas de mot de passe !
Il se sentait basculer dans le néant.
Son bourreau lui jeta un regard furibond.
- Exactement ce que je craignais. Ne avevo paura !
Vetra lutta pour ne pas perdre connaissance, mais le voile qui le séparait du monde s’épaississait. Son seul réconfort : savoir que son agresseur n’obtiendrait jamais ce qu’il était venu chercher. Quelques instants plus tard, l’homme sortit un couteau. La lame s’approcha du visage de Vetra. Avec une délicatesse toute chirurgicale.
- Pour l’amour de Dieu ! hurla le mourant d’une voix étranglée.
- Mais il était trop tard.



Chapitre 1. Au sommet des marches de la grande pyramide de Gizeh, une jeune femme riait et l’appelait.
- Robert, dépêche-toi ! Décidément, j’aurais dû épouser un homme plus jeune ! Son sourire était magique. Il s’efforçait de la suivre mais ses jambes étaient deux blocs de pierre.
- Attends-moi ! supplia-t-il. S’il te plaît ! Alors qu’il recommençait à grimper, la vision se brouilla. Son cœur cognait comme un gong à ses oreilles. Je dois la rattraper ! Mais quand il leva de nouveau les yeux, la femme avait disparu. A` sa place se tenait un vieillard aux dents gâtées. L’homme regardait vers le bas, un étrange rictus retroussait ses lèvres. Puis il poussa un cri d’angoisse qui résonna dans le désert. Robert Langdon se réveilla en sursaut de son cauchemar. Le téléphone sonnait à côté de son lit. Emergeant péniblement, il décrocha l’appareil.
- Allô ?
- Je cherche à joindre Robert Langdon, fit une voix d’homme. Langdon s’assit dans son lit et essaya de reprendre ses esprits.
- C’est... c’est lui-même. Il cligna des yeux en tournant la tête vers son réveil numérique. Celui-ci affichait 5 h 18 du matin. Il faut que je vous rencontre sur-le-champ.
- Mais qui êtes-vous ?
- Je me nomme Maximilien Kohler. Je suis physicien. Spécialisé en physique des particules, pour être précis.
- Quoi ? Langdon se demandait s’il était vraiment réveillé.
- Vous êtes sûr que je suis le Langdon que vous cherchez ?
- Vous êtes professeur d’iconologie religieuse à Harvard. Vous êtes l’auteur de trois ouvrages sur les systèmes symboliques et...
- Savez-vous l’heure qu’il est ?
- Excusez-moi. J’ai quelque chose à vous montrer. Il m’est impossible d’en parler au téléphone. Langdon poussa un marmonnement entendu. Ce n’était pas la première fois. L’un des risques qui guettent l’auteur de livres sur la symbolique religieuse, c’est justement ce genre d’appels d’illuminés. Ils viennent de recevoir un message de Dieu et ils demandent confirmation au spécialiste. Le mois précédent, une danseuse de cabaret de Tulsa dans l’Oklahoma lui avait promis la nuit d’amour de sa vie s’il prenait l’avion pour authentifier le signe de croix qui venait d’apparaître sur sa housse de couette. Langdon avait baptisé ce nouveau cas « le suaire de Tulsa ».
- Comment avez-vous eu mon numéro ? demanda Langdon en essayant de garder son calme malgré l’heure matinale.
- Sur le Web, sur le site de votre bouquin. Langdon fronça les sourcils. Il était parfaitement sûr que le site de son livre ne donnait pas son numéro de téléphone privé. Ce type mentait, de toute évidence.
- Il faut que je vous voie, insista l’autre. Je vous paierai bien. Langdon sortit de ses gonds.
- Je suis désolé, mais vraiment je n’ai rien à...
- Si vous partez tout de suite, vous pouvez être ici vers...
- Je n’irai nulle part ! Il est 5 heures du matin ! Langdon raccrocha et se laissa choir sur son lit. Il ferma les yeux et essaya de se rendormir. Peine perdue. Il était trop contrarié. A` regret, il enfila son peignoir et descendit au rez-de-chaussée. Robert Langdon traversa pieds nus le grand salon vide de sa demeure victorienne du Massachusetts et se prépara le remède habituel des nuits d’insomnie, un bol de chocolat instantané en poudre. La lune d’avril filtrait à travers les portes-fenêtres et animait les motifs des tapis orientaux. Il balaya la pièce du regard. Ses collègues le taquinaient souvent sur son intérieur – celui-ci évoquait davantage, selon eux, un musée d’anthropologie qu’une habitation privée. Ses étagères étaient bondées d’objets d’art religieux du monde entier – un ekuaba du Ghana, une croix en or espagnole, une idole cycladique de la mer Egée et même un rare boccus tissé de Bornéo, symbole de jeunesse éternelle porté par les jeunes guerriers indonésiens. Assis sur son coffre Maharishi en cuivre, Langdon savourait son chocolat en surveillant d’un œil distrait son reflet dans la baie vitrée. L’image déformée et pâle évoquait un fantôme. Un fantôme vieillissant, songea le professeur, cruellement rappelé à la réalité de sa condition : un esprit jeune dans une enveloppe mortelle. Aˆ gé d’environ quarante ans, Langdon, qui n’était pas beau au sens classique du terme, était le type même de l’universitaire à la mâle distinction qui, selon ses collègues du sexe féminin, plaît tant aux femmes. Avec ses tempes argentées qui rehaussaient une belle chevelure encore brune, son impressionnante voix de basse et le large sourire insouciant d’un grand sportif, Langdon avait gardé le corps du nageur de compétition qu’il avait été à l’université. Et il veillait à maintenir en forme son mètre quatre-vingts longiligne et musclé en s’imposant chaque matin cinquante longueurs dans la piscine du campus. Ses amis l’avaient toujours considéré comme une énigme. Tour à tour moderne et nostalgique, il semblait changer de peau à volonté. Le week-end, on pouvait le voir se prélasser sur une pelouse, discutant conception assistée par ordinateur ou histoire religieuse avec des étudiants ; parfois, on l’apercevait en veste de tweed sur un gilet à motifs cachemire dans les pages d’un magazine d’art ou à la soirée d’ouverture d’un musée où on lui avait demandé de prononcer une conférence. Ce grand amoureux des symboles était sans aucun doute un professeur qui ne faisait pas de cadeaux et exigeait une stricte discipline de ses élèves, mais Langdon était aussi le premier à pratiquer « l’art oublié du bon rire franc et massif », selon sa bizarre expression, dont il vantait les mérites. Il adorait les récréations et les imposait avec un fanatisme contagieux qui lui avait valu une popularité sans mélange auprès de ses étudiants. Son surnom sur le campus, le « Dauphin », en disait long sur son caractère bon enfant mais aussi sur sa capacité légendaire de multiplier les feintes pour tromper l’équipe adverse, lors des matchs de water-polo. Soudain, le silence du grand salon fut de nouveau troublé, cette fois par une sorte de cliquetis que le quadragénaire à demi assoupi ne reconnut pas tout de suite. Trop fatigué pour s’emporter, Langdon esquissa un sourire las : le cinglé de tout à l’heure ne s’avouait pas vaincu. Ah, ces fous de Dieu ! Deux mille ans qu’ils attendent le Messie et ils y croient plus que jamais ! Les sourcils froncés, il rapporta son bol vide à la cuisine et gagna à pas lents son bureau lambrissé de chêne. Le fax qui venait d’arriver luisait faiblement sur le plateau. En poussant un soupir, il s’empara de la feuille et l’approcha de ses yeux. Aussitôt, il fut pris de nausées. C’était la photo d’un cadavre. On l’avait entièrement dénudé et on lui avait tordu le cou jusqu’à ce que sa tête regarde derrière lui. Sur la poitrine de la victime une terrible brûlure renforçait l’atrocité de ce meurtre. L’homme avait été marqué au fer rouge, on avait gravé un mot, un seul mot dans sa chair. Un terme que Langdon connaissait bien. Très bien. Ses yeux restaient rivés, incrédules, sur les étranges caractères gothiques :
- Illuminati, balbutia Langdon, le cœur battant à tout rompre. Ce n’est quand même pas... D’un mouvement lent, appréhendant ce qu’il allait découvrir, il fit pivoter le fax à 180 degrés. Lut le mot à l’envers. Il en eut le souffle coupé – à peu près comme s’il venait de se prendre un coup de poing en pleine poitrine.
- Illuminati, répéta-t-il dans un murmure. Abasourdi, Langdon s’affala dans une chaise. Il resta pétrifié, sous le coup de la commotion qu’il venait de recevoir. Peu à peu, ses yeux furent attirés par le clignotement du voyant rouge sur son fax. Celui qui lui avait envoyé ce fax morbide était au bout du fil... et attendait de lui parler. Langdon resta longtemps sans bouger, à fixer ce petit clignotant redoutable. Puis, en tremblant, il décrocha le combiné.

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Da Vinci code - Dan Brown

Da_vinci_code Jean-Claude Lattès – mars 2004 - 574 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Daniel Roche

Quatrième de couverture
« Da Vinci Code est un livre envoûtant, idéal pour les passionnés d’histoire, les amateurs de conspirations, les mordus du mystère, pour tous ceux qui aiment les grands récits que l’on ne parvient pas à lâcher. J’ai adoré ce roman. » Harlan Coben

Un éminent spécialiste de symbologie de Harvard est convoqué au Louvre pour examiner une série de pictogrammes en rapport avec l'œuvre de Vinci. En déchiffrant le code, il met au jour l'un des plus grands mystères de notre temps... et devient un homme traqué.

Auteur : Né en 1964 aux États-Unis, après des études de lettres et d'art à l’Amherst College et à la Phillips Exeter Academy, Dan Brown s'installe à Hollywood en Californie pour écrire des chansons. Professeur à l'université Philips Exeter, il est le témoin, sur le campus, de l'arrestation par les services secrets américains d'un étudiant qui, pour s'amuser, évoque dans un mail l'assassinat du président Bill Clinton. Dan Brown est impressionné par l'extraordinaire capacité des agences de renseignements à surveiller et observer les individus. Il écrit alors son premier roman, paru sous le titre de 'Digital Fortress', une histoire au cœur de la National Security Agency. L'étude des codes secrets l'a toujours passionné. Pour preuve, le célèbre 'Da Vinci code', son quatrième roman, est un best-seller mondial. Il sort en 2005 'Anges et démons', une enquête également menée par le fameux professeur Robert Langdon, personnage désormais célèbre et récurrent. Dan Brown écrit également pour plusieurs revues dont Newsweek et The New Yorker. En 2006 sort en France 'Deception Point', un nouveau thriller haletant sur fond de technologie spatiale, avant que ne suive 'Forteresse Digitale' l'année suivante.

Mon avis : (lu en février 2005)

J’ai voulu lire ce livre centre de polémiques. Ce livre est un bon roman policier avec une intrigue mystique et ésotérique. L'intrigue est plutôt bien construite, c’est un mélange de faits historiques, légendaires, politiques, religieux, souvent imaginaires et cela tient le lecteur en haleine. L’auteur a vraiment beaucoup d’imagination !

Les lieux où se déroule cette histoire sont les suivants :

En France : Le Musée du Louvre (Paris),

Louvre_pyramide  Pyramide_invers_e__Louvre

l'église Saint-Sulpice (Paris),

saint_sulpice Saint_Sulpice_obelisque

le Château de Villette (Condécourt - 95),

chateau_Villette_Condecourt

l'Hôtel Ritz (Paris),

Hotel_Ritz_Paris

l'Aéroport du Bourget, une Banque suisse (située 24 rue Haxo à Paris d'après le livre. Cette adresse n'existe pas)

En Angleterre : Aérodrome de Biggin Hill, l'église du Temple (Londres),

TempleChurch_Exterior TempleChurch_Effigies

l'Abbaye de Westminster (Londres)

Westminster_abbey_west

En Écosse : Rosslyn Chapel

RosslynInterior Rosslyn_pilier_apprenti

Les tableaux de Léonard de Vinci dont il est question dans le livre sont les suivants :

Leonard_Da_Vinci_Vitruve_Luc_Viatour

L'Homme de Vitruve

Leonardo_da_Vinci_Adoration_of_the_Magi

L'adoration des mages

Leonard_de_Vinci___La_vierge_aux_rochers

La Vierge aux rochers

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La Joconde

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La Cène

Da_vinci_code_film

Un film adapté du best seller réalisé par Ron Howard, est sorti le 17 mai 2006 avec Tom Hanks, Jean Reno, Audrey Tautou, Ian McKellen, Alfred Molina. Il a été présenté hors-compétition en ouverture du 59e Festival de Cannes. J’ai évidemment trouvé le film un peu réducteur par rapport à ce livre de près de 600 pages !

Extrait : (page 62)
Vinci avait certes composé un impressionnant ensemble de tableaux à thème religieux, mais cette richesse ne faisait qu'alimenter sa réputation de duplicité spirituelle. Si Leonardo Da Vinci avait accepté des centaines de commandes lucratives du Vatican sur des thèmes chrétiens, c'était pour financer son train de vie et ses recherches scientifiques, plus que pour illustrer ses croyances personnelles. Doué d'un tempérament espiègle, il prenait un malin plaisir à mordre, sans en avoir l'air, la main qui le nourrissait.

Extrait : (page 210)
Les mystères ont toujours des fans.
Et les énigmes continuaient de surgir. La plus récente avait été soulevée par une découverte stupéfiante : la célèbre Adoration des Mages de Leonardo Da Vinci cachait sous ses couches de peinture un étrange secret. Un scientifique italien spécialisé dans l'analyse picturale, Maurizio Seracini, avait découvert une vérité dérangeante que le New York Times avait révélée dans un article intitulé 'Le maquillage de Leonardo Da Vinci'.

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Dans le berceau de l'ennemi – Sara Young

dans_le_berceau_de_l_ennemi traduit de l'anglais (États-Unis) par Florence Hertz

France Loisirs – 2008 - 473 pages

Résumé : Alors que l'étau se resserre autour de Cyrla, la jeune fille, à moitié Juive, n'a qu'un moyen d'échapper à la menace : endosser l'identité de sa cousine décédée après une tentative ratée d'avortement. Pourtant, le danger est colossal, car cela signifie faire confiance au soldat allemand qui a mis sa cousine enceinte et gagner le Lebensborn dans lequel celle-ci est inscrite. Pour survivre, il lui faudra se réfugier dans le sein même de l'ennemi...

Auteure de plusieurs publications destinées à la jeunesse, Sara Young a longtemps publié sous le nom de plume de Sara Pennypaker. Avec son dernier ouvrage Dans le berceau de l'ennemi, elle s'attaque à un genre qu'elle n'a encore jamais exploité, celui de roman d'amour sur fond historique. Un style qu'elle manie déjà à merveille et qui séduit un lectorat très vaste.

Mon avis : (lu en avril 2009)

Une histoire belle et émouvante un mélange de fiction et d'Histoire. En effet, ce livre nous entraine au cœur des Lebensborn (source ou fontaine de vie), organisation SS fondé en 1935 par Himmler.

Ce sont des foyers maternels dans lesquels étaient suivies les jeunes femmes enceintes, « valables d’un point de vue racial », afin de repeupler la nation et de lui donner de futurs soldats. Ensuite, les enfants étaient confié à l’adoption dans des familles allemandes, ou s'ils ne sont pas « conformes » ils étaient purement et simplement éliminés. C'est l'histoire de Cyrla moitié juive qui pour sauver sa vie va se réfugier dans un Lebensborn sous l'identité de sa cousine décédée suite à un avortement.

On va suivre la grossesse de Cyrla-Anneke au sein du Lebensborn et tous les sentiments qui l'envahisse : la peur et la détresse. Elle va rencontrer d'autres futurs mamans : des fanatiques, des résignées... Elle y rencontre aussi Ilse, une infirmière et Karl, le fiancé de sa cousine : des Allemands qui subissent malgré eux l'idéologie nazie et qui vont l'aider.

Ce livre est également intéressant du point vu historique, on y voit les années 41-42 aux Pays-Bas et en Allemagne, bien sûr la vie dans un Lebensborn. Ce livre se lit facilement, on est vraiment pris par la fiction et les personnages si attachants. A découvrir.

Extrait : (début du livre)

chapitre 1 : Septembre 1941

— Quoi, chez nous aussi ? Nee !
En franchissant la porte de la salle à manger, je vis ma tante renverser quelques gouttes de soupe sur la nappe. Le bouillon était maintenant si maigre que les taches partiraient vite, mais mon cœur se serra quand elle ne lâcha pas sa louche pour les essuyer. Depuis le début de l'occupation allemande, elle se refusait à affronter la réalité, paraissant même parfois tellement absente que j'avais l'impression de perdre ma mère une deuxième fois.
— Évidemment, ici aussi, Mies, s'emporta mon oncle, dont la peau pâle parsemée de taches de rousseur s'empourpra.
Il ôta ses lunettes pour en essuyer la buée avec sa serviette.
— Tu n'imaginais quand même pas que les Allemands avaient annexé les Pays-Bas pour le plaisir de donner une terre d'accueil aux Juifs ? Nous avons déjà de la chance que ça ne soit pas arrivé plus tôt.
Je m'assis après avoir posé le pain sur la table.
— Que se passe-t-il ?
— Des restrictions ont été imposées aux Juifs aujourd'hui, expliqua mon oncle. Ils ne pourront quasiment plus sortir de chez eux.
Il examina ses verres, rechaussa ses lunettes, puis me regarda.
Je me figeai d'angoisse, la main crispée sur ma cuillère, me souvenant soudain d'une scène dont j'avais été témoin dans mon enfance.
Alors que nous rentrions de l'école en groupe, nous avions vu un passant qui battait son chien. Nous lui avions crié d'arrêter - nous étions assez nombreux pour nous sentir ce courage - et certains des plus âgés avaient même essayé de lui arracher le pauvre animal. Mon attention avait été attirée par un garçon qui, je le savais, se faisait souvent maltraiter par les grands. Il hurlait comme nous : « Arrêtez ! Arrêtez ! », mais son regard m'avait glacée. J'y avais lu une satisfaction sournoise, cette même expression que je venais de reconnaître chez mon oncle quand il s'était tourné vers moi.
— Tout va changer, maintenant, Cyrla.
J'eus un coup au cœur et baissai la tête. Craignait-il qu'il ne soit trop risqué de me garder chez lui ?
En tout cas, il me signifiait que je n'étais pas chez moi. Je regardai fixement la nappe blanche, avec sa sous-nappe de soie bordée de franges dorées. À mon arrivée, j'avais trouvé étrange cette habitude de couvrir une table de salle à manger, mais à présent j'en connaissais toutes les couleurs, tous les motifs. Je relevai les yeux pour considérer cette pièce que j'avais appris à aimer, avec ses hautes fenêtres d'un blanc lumineux donnant sur notre petite cour, les trois aquarelles du Rijksmuseum accrochées l'une au-dessus de l'autre par une cordelière, le salon qui se profilait derrière la lourde tenture de velours bordeaux avec le piano dans un coin, couronné des photos de famille encadrées. Mon cœur battit encore plus fort. Où irais-je s'il ne voulait plus de moi ?
Je jetai un coup d'œil à ma cousine : Anneke était le sauf-conduit qui me protégeait dans le territoire périlleux des humeurs de mon oncle. Mais, distraite ce jour-là, elle écoutait à peine ce qu'on lui disait, absorbée par des pensées secrètes. Elle n'avait même pas entendu la menace brandie par son père.
Je demandai, tâchant de rester calme :
— Quoi ? Qu'est-ce qui va changer ?
Occupé à couper le pain, il ne s'interrompit pas, mais je surpris le regard qu'il lançait à ma tante pour la faire taire.
— Tout va changer, c'est tout.
Arrivé à la troisième tranche, il reposa le couteau d'un geste lent et ajouta.
— Rien ne sera plus pareil.
J'attirai la miche à moi, m'emparai du couteau à la manière précise et déterminée d'un joueur d'échecs, et coupai une quatrième tranche. Je parvins à reposer le couteau à pain sur la planche sans trembler, mais je dus ensuite mettre les mains sur mes genoux pour les soustraire à sa vue. Droite et fière, je lui dis sans ciller :
— Tu avais oublié une tranche, oncle Pieter.
Il sembla gêné mais son visage resta sombre comme une meurtrissure.
Quand le repas s'acheva enfin, mon oncle retourna à la boutique pour écouter la radio qu'il dissimulait dans l'atelier malgré l'interdiction. Ma tante, Anneke et moi, nous débarrassâmes la table puis nous nous attelâmes à la vaisselle. Nous nous activions en silence, moi toute à ma peur, ma tante cloîtrée dans sa tristesse, et Anneke obnubilée par son secret.
Au-dessus de l'évier, ma cousine poussa un cri. Le couteau à pain tomba par terre, et elle leva la main au-dessus du bac. Du sang coula dans l'eau savonneuse, teintant la mousse de rose. J'attrapai un torchon pour lui envelopper le doigt, puis la menai à la banquette sous la fenêtre. Elle s'assit, passive, contemplant sans réagir le sang qui imprégnait le tissu. Son inertie me fit peur. Anneke prenait grand soin de ses mains. Elle pouvait même se priver de sa ration de lait pour y tremper les ongles, et elle parvenait encore à trouver du vernis alors que plus personne en Hollande ne semblait en posséder. Si la perspective d'une cicatrice la laissait tellement indifférente, alors son secret devait être vraiment grave.
Ma tante s'agenouilla devant elle pour examiner la blessure, la grondant d'avoir été distraite. Anneke, tête en arrière et yeux clos, se contentait de se masser la gorge de sa main libre avec un sourire heureux. C'était l'expression que je voyais sur son visage quand elle rentrait sur la pointe des pieds dans notre chambre au milieu de la nuit : troublée, méditative, changée.
Je n'aimais pas Karl.
Soudain, je compris.
Dès que ma tante nous laissa pour chercher du désinfectant et une compresse, je chuchotai :
— Tu te rends compte de ce que tu as fait ?
— Plus tard, murmura-t-elle. Quand ils dormiront.
La soirée, occupée par du repassage et du raccommodage, me sembla interminable. Nous avions mis un disque de Hugo Wolf sur l'électrophone, que nous écoutions tout en travaillant, mais j'aurais préféré le silence, car, pour la première fois, je percevais à quel point la vie tragique de Wolf avait influencé sa musique. Le souffle du désespoir en rendait la beauté trop poignante. Quand ma tante annonça qu'elle montait se coucher, j'échangeai un regard avec Anneke, et nous la suivîmes.
Après de rapides ablutions, quand nous fûmes prêtes à nous mettre au lit, il ne me fut plus possible de contenir mon impatience.
— Alors... ?
Ma cousine se tourna vers moi avec un sourire. Je ne lui en avais jamais vu d'aussi radieux.
— C'est merveilleux, Cyrla, dit-elle en posant la main sur son ventre.
Sa coupure avait dû se rouvrir et du sang saturer son pansement car, alors qu'elle exprimait ainsi son bonheur, une fleur rouge s'épanouit sur le coton bleu hâle de sa chemise de nuit.

chapitre 2

— Je pars, je m'en vais !
Maintenant qu'elle avait commencé, Anneke était intarissable.
— Nous nous marierons ici, à Schiedam, à la mairie probablement. La famille de Karl vit juste à l'extérieur de Hambourg. Nous nous installerons peut-être là-bas après la guerre, avec un jardin pour les enfants, près d'un parc... Hambourg ! Tu imagines, Cyrla ?
— Chut ! Elle va nous entendre.
Ce n'était pas ma tante que nous redoutions, mais Mme Bakker qui vivait dans la maison mitoyenne. Elle était vieille et alimentait ses incessants commérages en espionnant ses voisins. Tous les matins, elle se postait dans son salon pour surveiller les allées et venues dans la Tielman Oemstraat grâce à deux miroirs fixés à ses fenêtres. Un soir, nous l'avions entendue tousser et en avions déduit que sa chambre à coucher devait se trouver de l'autre côté du mur. Nous la jugions fort capable de coller un verre à la paroi qui séparait nos deux appartements pour écouter nos conversations. Mais au fond, je me moquais bien de Mme Bakker. Avant tout, je cherchais à faire taire Anneke.
Je lui ôtai son pansement et nettoyai sa coupure avec l'eau de notre broc.
— Change ta chemise de nuit. Je descends te chercher une autre compresse.
Une fois dans le couloir, je pris le temps de me calmer, puis j'allai prendre le pansement ainsi qu'une tasse de lait et une assiette de spekulaas. Anneke n'avait quasiment rien avalé au dîner, et elle adorait les petits biscuits aux épices qu'elle subtilisait dans la boulangerie où elle travaillait. Si j'arrivais à détourner son attention, peut-être cesserait-elle de parler de départ. Et puis en lui démontrant à quel point je lui étais indispensable, je lui ferais comprendre ce qu'elle perdrait en nous quittant. Rien n'était plus terrible que les départs.
Je m'assis près d'elle sur le lit pour lui panser le doigt, incapable de la regarder en face. Elle, en revanche, ne me lâchait pas des yeux. Je voulais encore espérer.
— Tu es sûre ? Et si tu te trompais... Vous n'avez pas fait attention... ?
Elle détourna la tête.
— Ce sont des choses qui arrivent.
Sa gêne ne dura pas. Son sourire revint, ce sourire merveilleux qui me désarmait.
— Un bébé... tu imagines ?
Je passai un bras autour de sa taille et posai la tête sur son épaule, inspirant la bonne odeur qu'elle rapportait de la boulangerie, cet arôme de gâteau, sucré et chaud, qui lui allait si bien. Je me demandai quel parfum s'accrochait à ma peau. Celui du vinaigre que j'avais manipulé toute la semaine pour les conserves de légumes ? Ou du détergent avec lequel je faisais le ménage dans l'atelier de couture de mon oncle ?
Anneke essuya de ses caresses les larmes qui coulaient sur mes joues.
— Je suis désolée, Cyrla. Tu vas me manquer. C'est toi que je regretterai le plus.
Ma cousine savait être adorable. Parfois, il lui arrivait de me blesser, pas par méchanceté mais innocemment, comme le font les filles très belles qui n'ont pas dû apprendre à ménager les autres. Je lui en voulais, alors, mais sa gentillesse spontanée me faisait vite honte d'éprouver un tel sentiment.
— Si tu savais comme je suis heureuse ! s'exclama-t-elle comme si son air radieux ne m'avait pas assez convaincue. Il est tellement beau !

Extrait : (page 174)

Dès la porte franchie, on tombait sur un bureau en bois massif, aussi imposant qu'un deuxième mur, derrière lequel était accrochée une photo de Hitler. En dessous était assise une dame au chignon gris acier formé de tresses aussi serrées que les amarres d'une péniche sur un quai. Elle se leva et fit un salut au conducteur et au garde ; elle était aussi grande qu'eux. L'aigle nazi brillait à son revers. Je reculai d'un pas.

- Bonjour, Frau Klaus. Heil Hitler, dit le conducteur en lui tendant mon dossier.

Elle le compara à des papiers qui se trouvaient devant elle. Je lui tournai le dos pour leur cacher mon visage de menteuse.

Le long du mur s'alignaient d'autres photos de Hitler. Il recevait un bouquet des mains d'une fillette vêtue d'une robe blanche ; bras tendu, il saluait une mer de soldats ; il passait en voiture découverte devant des foules d'Allemands qui agitaient leurs mouchoirs. Il y en avait plusieurs d'autres de Heinrich Himmler qui, comme Isaak me l'avait appris, était le commandant en chef des Lebensborn. En face, je vis des affiches représentant des mères avec leurs enfants. LES MÈRES DE SANG PUR SONT SACRÉES ! disait l'une. LE BERCEAU EST PLUS FORT QUE LES CHARS ! disait une autre. Je n'arrivai pas à les regarder longtemps.

Le sol à losanges noirs et blancs brillait sous la lumière d'un lustre. Je n'avais plus l'habitude d'avoir autant de lumière le soir. A côté de moi, un guéridon en acajou sentait l'encaustique citronnée, odeur familière chez nous, par-dessus laquelle flottait un riche arôme de rôti de porc, que je n'avais pas senti depuis longtemps. A cela se mêlaient des effluves de pain qui cuisait dans un four, additionnés d'une note sucrée, vanillée. Le parfum d'Anneke. Mais Anneke, maintenant, c'est moi. Sur le guéridon était posé un énorme bouquet de chrysanthèmes roses et blancs, et, devant, une coupe de fruits : reinettes, poires rouges et brillantes, gros raisins si foncés qu'ils semblaient tout à fait noirs. Et tout cela n'était qu'une décoration pour le hall d'accueil... Depuis quand n'avais-je pas vu un tel luxe ?

- Suivez-moi, ordonna Frau Klaus d'un ton autoritaire.

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