l_Exil_est_mon_pays Héloïse d’Ormesson - août 2006 - 297 pages

Quatrième de couverture : Une fillette raconte le parcours du combattant de ses parents, Angel et Libertad, réfugiés venus en France pour échapper à la dictature franquiste. Avec ses mots d'écolière, elle explique comment, à peine arrivés, ils durent démarrer une nouvelle guerre, non plus pour leurs idées mais pour leur identité.
Elle tente de déchiffrer ce monde où les sentiments, les ressentiments sont à la taille des grands. Dans sa petite tête un champ de points d'interrogation. Étrangère, qu'est-ce que cela signifie au juste ? Perception enfantine touchante et drôle de la différence, du courage des parents, mais aussi des lâchetés et des peurs de tous.
Et puis, il y a la langue. Celle d'un pays que l'on ne quitte jamais vraiment, et qui vous ramène sans cesse d'où vous voulez ou devez partir. Et cette autre langue, apprise par devoir et utilisée avec bonheur pour décrire ceux dont l'ailleurs est le pays.


Auteur : Isabelle Alonso est née en Bourgogne de parents espagnols réfugiés politiques, est devenue française à l'âge de huit ans par naturalisation. Elle est aujourd'hui chroniqueuse à la radio et à la télévision. L'Exil est mon pays est son troisième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2009)

Extrait : (page 190)

"Quand on rentrait de l'école, le goûter nous attendait. Maman s'asseyait avec nous, pour notre dernier cours de la journée. Elle avait des thèmes de prédilection, répétés encore et encore jusqu'à ce qu'ils fassent partie intégrante de la matière même de nos fibres cérébrales. En prévision de l'avenir, qui réserve parfois de lugubres surprises, elle nous tissait jour après jour du cordon ombilical transversal, entre enfants. Si jamais elle venait à disparaître, ou papa, ou les deux, elle voulait nous savoir liés les uns aux autres comme une cordée de haute montagne, les uns repêchant les autres au gré des chutes ou des naufrages toujours possibles... Les frères et soeurs doivent être unis. S'entraider toujours et ne jamais se mentir. Les plus grands protègent les plus petits, les plus petits soutiennent les plus grands. Chacun ses responsabilités. Chacun son devoir. Jamais on ne doit chercher à s'y soustraire. Une famille, c'est comme ça et pas autrement. Elle peaufinait l'oeuvre de sa vie entre une tartine et un bol de chocolat."

A travers son regard d'enfant, Isabelle Alonso nous raconte dans un récit touchant une enfance d'enfants d'émigrés. Il est question de l’identité et de l’intégration

Ce livre se lit très facilement et nous fait souvent sourire.

C'est un roman qui est certainement proche d'un récit autobiographique.