L_on Ecole des Loisirs – mars 1999 - 93 pages

traduit de l'américain par Alice Ormière et Nadia Butaud - Illustrations de Susan L. Roth

Mot de l’éditeur :
Leon Walter Tillage est né en 1936, en Caroline du Nord. Son arrière-grand-mère était esclave, son père, métayer. Métayer, alors, cela voulait dire travailler toute l'année pour payer les dettes de l'année précédente, et ne jamais rien posséder soi-même. Être noir, dans les années quarante et cinquante, cela signifiait qu'on pouvait entrer dans certains magasins, mais par la porte de derrière, et qu'on entendait l'employé demander aux clients blancs : " Est-ce qu'il vous dérange ? Cela vous ennuie-t-il qu'il reste là ? Voulez-vous que je le mette dehors ? " Cela signifiait surtout qu'on pouvait perdre la vie, sans raison et sans espoir de justice. Le père de Leon est mort sous les yeux de sa femme et de ses enfants, écrasé par une voiture conduite par de jeunes Blancs. Ils lui ont foncé dessus à deux reprises, pour s'amuser. Leon avait tout juste quinze ans. Il se souvient d'avoir longtemps fait sept kilomètres à pied pour aller à l'école. Il se souvient que le conducteur du bus scolaire des Blancs arrêtait son véhicule pour que ses petits passagers puissent aller jeter des pierres aux écoliers noirs. De l'angoisse des siens les soirs où ils savaient que les membres du Ku Klux Klan allaient sortir. Il se souvient aussi que ses parents disaient : " Ça été voulu comme ça. C'est comme ça que ça doit être. Vous n'obtiendrez jamais d'être les égaux des Blancs ", et qu'il a refusé de les croire. Il a préféré écouter les paroles de Martin Luther King et risquer sa vie en participant à des marches pacifiques. Et un jour, enfin, les premières victoires sont venues. 

Mon avis : 5/5 (lu en juillet 2004)
Ce livre est autobiographique. Il est très touchant et bouleversant car l'auteur nous raconte son histoire simplement, sans haine et sans rancune. On a un peu oublié ce qu’était la ségrégation aux Etats-Unis dans les années 50, à une époque où il existe des lois racistes et restrictives pour les droits des Noirs. C’est un vrai témoignage de vie. On est très touché par l'histoire de Leon, la ségrégation devient plus parlante et l'injustice aussi. A lire absolument !