Une_epouse_presque_parfaite Editions Autrement – janv 2004 - 310 pages

Mot de l'éditeur

On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Quant on aime sa famille, son mari, ses enfants et son amant, il y a parfois des conflits intérieurs qui empêchent de dormir. Si, en plus, comme Polly Solo-Miller, on descend d’une famille ultra-conservatrice de la côte Est des Etats-Unis dont les conceptions du sportswear s’arrêtent aux robes à smocks et celles de la vie de couple à un silence tendre et compréhensif, une famille où prénoms et professions se transmettent comme des virus de génération en génération, l’apparition d’un amant dans ce décor de carte postale devient un événement tout aussi dramatique que la conquête de l’Ouest ou la Révolution française.

Dora est femme torturée entre son amant et son mari. Le poids de la morale et de la famille pèse sur elle et sur sa vie entière. On lit ce livre pour découvrir les états d'âme de l'héroïne et pour savoir comment elle va réussir à faire bouger sa vie.

Une belle histoire d'une femme mariée qui remet sa vie, son quotidien en cause pour enfin se sentir exister pour elle même. A lire

Auteur : Laurie Colwin - Romancière américaine née en 1944 - décédée à Manhattan Octobre 1992. Laurie Colwin est new-yorkaise, elle publie sa première nouvelle dans le New-Yorker alors qu'elle n'a que vingt-quatre ans. En une trentaine d'années, elle publiera aussi bien des recettes de cuisine que des romans ou des recueils de nouvelles. Femme aux dons et aux intérêts multiples, elle a traduit Isaac Bashevis Singer, a été chroniqueuse gastronomique et a travaillé dans l'édition. Laurie Colwin est très célèbre aux Etats-Unis, où les américains l'ont adulée tant pour son style littéraire que pour son humour haut en couleurs. Les Français ont dû attendre 1999 pour que 'Franck et Billy' soit traduit, mais l'engouement de la presse et le bouche à oreille favorable ne vont pas tarder à faire d'elle une auteur culte outre-Atlantique.

Mon avis : C'est l'analyse des sentiments et d'un milieu social à travers une histoire simple,celle d'un adultère, qui décrit finement les sentiments d'une femme enfermée dans une éducation bourgeoise américaine, et dont elle va se libérer au fil de sa liaison . J'ai lu avec plaisir cette histoire. On lit ce livre pour découvrir les états d'âme de l'héroïne et pour savoir comment elle va réussir à faire bouger sa vie.

Extraits : « Polly se demanda si les autres femmes connaissaient aussi bien le dos de leurs maris. Quand elle pensait à Henry, elle se le représentait assis derrière son bureau, tard le soir, penché sur un gros tas de papiers. Elle voyait qu’il prenait des notes, et il ne se retourna pas pour l’embrasser. Au lieu de cela, elle mit son bras autour de son épaule et lui embrassa le cou.
Il la carressa distraitement.
- Je me sens si seule, dit-elle.
- Moi aussi, dit Henry. Viens, on va faire la vinaigrette. »

« Au supermarché, Polly se sermonna. Les gens qui faisaient leurs courses le dimanche étaient des gens qui avaient laissé la situation leur échapper, qui ne faisaient pas attention aux détails, qui se laissaient dériver. Il y avaient réellement des gens qui achetaient leurs légumes au supermarché - Polly ne croyait pas que l'on put trouver quelque chose de vraiment frais dans un supermarché. Il y avait des gens qui ne prévoyaient pas le nombre de repas à préparer ou le nombre de personnes à table, qui n'étaient pas assez généreux, économes ou sûrs d'eux pour acheter le superflu. Faire les courses au supermachés indiquait que la maison était mal tenue. Comment ces gens pouvaient-ils reconnaître ainsi publiquement leurs fautes? Seule une chose vraiment terrible, comme un décès ou une liaison, devrait empêcher quelqu'un de bien faire. Polly regarda autour d'elle. Tous ces gens avec un caddie plein avaient-ils une liaison ? »